Technique
Comment Isostase mesure réellement la vitesse du plateau
Réguler la vitesse d'une platine suppose d'abord de la mesurer. Et la mesure qui compte n'est pas celle du moteur, mais celle du plateau lui-même : c'est lui qui entraîne le disque.
Mesurer le plateau, pas le moteur
Connaître la fréquence envoyée au moteur ne dit pas à quelle vitesse tourne réellement le plateau. Entre les deux, il y a la courroie, qui peut glisser légèrement, et une charge qui varie : la pointe freine plus ou moins le disque selon la gravure, et le frottement du palier évolue avec la température.
Isostase mesure donc directement la rotation du plateau, avec un capteur optique sans contact : une cible placée sur le plateau passe devant le capteur à chaque tour. Rien ne touche le plateau, rien ne le freine.
Une mesure de temps, référencée au quartz
Le principe est simple : mesurer très précisément le temps que met le plateau à faire un tour. À 33⅓ tr/min, un tour dure 1,8 seconde ; à 45 tr/min, 1,33 seconde.
Ce temps est compté par l'horloge du microcontrôleur, elle-même calibrée sur une référence quartz. La précision obtenue est considérable : pour donner un ordre de grandeur, une erreur d'une microseconde sur un tour de 1,8 seconde représente à peine un demi-millionième, un écart bien plus fin que ce qu'une oreille ou un disque stroboscopique permet de percevoir.
Ce que révèle une mesure à chaque tour
- La vitesse moyenne exacte, tour après tour, pour corriger toute erreur de vitesse.
- Les dérives lentes : échauffement, courroie qui vieillit, variation de charge.
- Le glissement de la courroie, en comparant la vitesse réelle du plateau à celle imposée au moteur.
- Les variations d'un tour à l'autre, qui alimentent l'estimation du pleurage affichée en direct et l'indicateur « prêt à écouter ».
C'est aussi à ce rythme, une fois par tour, que la régulation corrige la vitesse. Ce rythme posé est voulu : avec un plateau lourd, une correction douce et régulière évite d'introduire soi-même des variations de vitesse.
Ses limites, en toute transparence
Avec une seule cible, Isostase voit le plateau une fois par tour. Ce qui se passe à l'intérieur d'un tour lui échappe : une variation rapide de vitesse, par exemple liée à la rotation de la poulie du moteur, est moyennée sur le tour.
C'est pourquoi l'indication de pleurage d'Isostase est un indicateur de diagnostic, et non une mesure normalisée. Une mesure DIN ou IEC se fait avec un disque test gravé à 3150 Hz et un analyseur dédié, qui voient aussi les variations rapides.
Davantage de cibles réparties sur le tour permettraient de suivre ces variations plus fines : c'est une évolution à l'étude chez Olydyne.
En résumé
La mesure d'Isostase est une mesure directe, sans contact et référencée au quartz, de la vitesse réelle du plateau. Elle est très précise sur la vitesse moyenne et sur les dérives, et c'est elle qui permet la régulation en boucle fermée, la surveillance de la courroie et l'estimation du pleurage.